En cette journée de St-Laventin

Parce que je vous aime beaucoup;

Parce que la St-Laventin, c’est AUSSI la fête du chocolat;

Parce que sans être la banlieusarde, ou même Isa (des gourmandises d’Isa) ou la fêlée et son chum (il est grand le mystère du yaourt), je me débrouille quand même pas trop mal en cuisine;

Pis parce que pour attirer un nouveau lectorat, on parle soit de cul, soit de bouffe, et que je vais me garder une p’tite gêne pour le premier;

Voici donc, pour toi et pour toi seulement, ma recette de brownies super-débiles-écoeurants-qui-ne-salissent-qu’un-seul-plat. En deux pour un, en plus: version sage et version cochonne (vous voyez bien que je suis presque capable de parler de cul…)

 Version de base:

Dans un moule carré de 8 X 8, faites fondre

  • 4 c. à table de beurre non salé
  • 1/4 tasse de graisse

Retirer du feu et ajouter, en brassant bien

  • 1 tasse de sucre
  • 4 c. à table de bon cacao non sucré
  • 1 c. à thé de vanille
  • 2 oeufs, en battant bien après chaque addition

Ajouter ensuite, en raclant bien les bords

  • 3/4 tasse de farine + 1 pincée de sel

Mettre au four à 350, 30 à 35 minutes.

Version « cochonne »

Ajouter 1 tasse de noix mélangées (grenobles, cachous non salés, pacanes,etc). Idéalement, vous aurez au préalable fait « rôtir » vos noix au four, le temps qu’elles dégagent tous leurs arômes…) A 5 minutes de la fin de la cuisson, ajouter sur le dessus un sac de chocolat chips « dark » et remettre au four.

Version allégée

Remplacer la graisse par une quantité égale de compote de pommes non sucrée, et remplacer un oeuf par 2 blancs d’oeufs.

Dégustez à ma santé, avec un café ou un grand verre de lait froid.

Salut Henri!

Une chanson douce
Que me chantait ma maman,
En suçant mon pouce
J’écoutais en m’endormant.
Cette chanson douce,
Je veux la chanter pour toi
Car ta peau est douce
Comme la mousse des bois…

Mon mammouth à moi

C’est le meilleur des mammouths, je vous le jure. Depuis 2 semaines, j’ai repris un rythme professionnel d’enfer. Il ne dit rien, ne critique pas, ne chiale pas. Il s’occupe de merveilleuse merveille – mieux que moi, souvent. J’arrive à 8h00, mon souper m’attend au micro-ondes, tout est ramassé, la petite fait dodo, et comble du bonheur, un feu de foyer m’attend. J’ai juste à m’asseoir, à déguster, et à lui raconter ma journée.

Moi, je comprends parfaitement les machos qui veulent une femme à la maison. Je suis en train de devenir machose moi-même. Sauf pour une chose: je veux pas ça pour toute ma vie. Mais je l’ai dit souvent et je le répète: sans Mammouth, je n’aurais pas pu faire la carrière que j’ai fait depuis la naissance de merveille.

Je suis romantico-nulle à ch***, je sais pas bien dire les mots d’amour et je n’aime pas la Saint-Valentin, rebaptisé ici la Saint-Laventin.  Au-dela des mots d’amour, c’est tous les jours que je me dis que magré tout, malgré les difficultés, malgré les tempêtes, si je devais rechoisir, c’est Mammouth que je rechoisirais. Sans hésiter.

Pour Alcolo, bis

Matière à billet 🙂

Et comme disait mon personnage préféré d’Astérix, Soupalognon y crouton: Olé (hombre)!

J’envie les français

Vous le savez, je ne parle jamais politique. Ou si peu. Mais ce matin, je ne peux pas m’empêcher. Tant pis, je réciterai deux « Je vous salue la Fêlée » et un « Notre Alcolo qui est aux cieux » et on passera l’éponge.

Je suis allée lire ma copine Véro de Bordeaux.  Allez lire son texte.

J’en suis jalouse. Nos politiciens sont d’un drabe effrayant comparés aux politiciens français. L’imagination me manque peut-être, mais je ne vois pas du tout Harpeur dans une scène de ménage, avec réconciliation à la clé. Stéphane Dion encore moins. Même au niveau provincial, impossible de « pipoliser » nos hommes et nos femmes politiques, à l’exception de la brève carrière de chef de Boisclair.

Bon, c’est tout à notre honneur, j’en conviens. On se garde encore une petite distance entre la fonction et l’homme ou la femme politique, et c’est très bien comme ça. Au fond, je ne veux pas sawoir si Jean a une maitresse, si Mario fait du fétichisme du pied ou si Pauline a une salle sado-maso dans son p’tit shack dans Charlevoix. Y’a des images comme ça qu’on refuse d’imprimer dans son cerveau.

Mais ce matin, j’avoue: j’envie les français. Du grand déchirement sentimental, me semble que ça nous sortirait de notre torpeur politique. Quand l’événement du jour est le premier ministre qui se promène avec le Bonhomme Carnaval, sans son chapeau de cowboy, c’est d’un triste, vous trouvez pas?

Jo le taxi

La vie est une roue qui tourne. Et on est jamais content. Enfin, rarement content. Quand les enfants sont petits, il arrive qu’on se sente « confiné » à la maison, à moins d’avoir la chance d’avoir une gardienne en qui vous avez toute confiance. On rêve au jour ou les enfants seront assez grands pour s’organiser tout seuls.

Un jour, votre adoe vous indique qu’elle a une fête à l’autre bout de la ville. Vous allez la reconduire, en arrêtant au retour pour faire l’épicerie. Entre deux brassées et autres tâches de mouman (merci encore Adèle, parce que le gros du ménage est fait!), vous mettez votre souper en branle. La toute petite vous informe alors qu’elle va jouer chez sa copine, à deux maisons.

Juste au moment ou vous mettez la table, la toute petite vous appelle pour vous dire qu’elle soupera chez la copine. Tiens, belle occasion de souper en amoureux avec Mammouth? Nennon! Il est tellement silencieux, plongé dans son livre, qu’on oublierait presque le pré-ado. Et puis, faut aller chercher l’adoe à l’autre bout de la ville à 19h30.

Comment on dit, déjà? Petits enfants, petits déplacements, grands enfants, jo le taxi? *soupir*

Une bien belle soirée

Soirée retrouvailles, hier. Mon ancienne patronne avait réuni autour d’elle tous les gens qui ont travaillé avec elle depuis 18 ans. Une belle gang. Nous devions être plus d’une quarantaine, des gens que je n’avais pas vu pour la plupart depuis la naissance de merveilleuse merveille. Y’avait chose et machin, avec qui nous nous sommes rappelés nos mauvais coup. Et puis elle et elle, mamans comme moi, photos en mains à comparer nos rejetons. Et eux, toujours aussi drôles et toujours aussi mignons, malgré les cheveux gris qui se sont ajoutés au fil des ans. Et surtout la patronne, resplendissante, reposée, dégagée. Une ancienne collègue m’a dit avoir découvert les chroniques depuis quelques temps et avait fait suivre le lien à la gang. Ça m’a fait tout drôle de penser que ce lien ténu nous unissait, à mon insu.

J’ai aussi réalisé qu’au-delà du temps, ce qui nous unissait tous et toutes encore, ce sont nos valeurs communes. On ne peut pas travailler aussi fort si on ne croit pas à ce que l’on fait, ni si on ne croit pas très fort que la personne pour qui on travaille représente ces valeurs. Et dans ce cas précis, nos valeurs de partage, de tolérance, de respect et d’intégrité s’incarnaient dans cette femme que nous aimons tous profondément et qui nous l’a si bien rendu.

Une bien belle soirée donc. Que nous avons tous choisi de poursuivre, en créant un événement annuel. Avec nos familles, la prochaine fois, parce que croyez-moi, à la gang, nous avons largement fait notre effort pour éviter la dénatalité! Nous formons une tribu, une communauté de pensée et ce serait dommage de ne pas continuer à s’informer les uns des autres, de loin en loin.

Autre constat douloureux, ce matin: je suis trop vieille pour que 4 verres de vin sur un estomac vide ne me laissent pas avec un mal de bloc d’enfer…

Comment survivre à l’adolescence de sa fille de 5 ans

Hier soir, à l’heure du dodo. Je dis à merveilleuse merveille de brosser ses dents, le temps que j’aille mettre le lavage au séchage. Je reviens, elle n’a rien fait… mais elle insiste pour me dire que oui, elle a brossé ses dents.

« Merveille, ta brosse à dents est sèche et le lavabo impeccable » (d’habitude, y’a une longue coulée de pâte à dents rose dedans…)

« Je mens pas! » qu’elle me réplique, prête à jurer sur la tête de son Dino. « Si Merveille, tu me mens (et dans ma tête je me dis qu’elle n’est même pas habile en plus…) »

« WHOUHAHA! Ma mère ne m’aime plus » qu’elle se met à hurler, en allant se « pitcher » sur son lit, le visage plein de larmes. « Moi non plus, je ne t’aime plus ».

Je voulais rire, mais c’était la dernière chose à faire. Alors je lui ai expliqué calmement que oui, je l’aimais encore, que j’allais toujours l’aimer parce qu’elle est ma fille, mais que je n’aimais pas son comportement. Je lui ai fait un câlin malgré elle (la tête sous l’oreiller, à pleurer toutes les larmes de son corps. et à me dire qu’elle ne voulais pas que je l’aime…) et ai fermé la porte de sa chambre.

Je l’ai entendu pleurer et marmonner pendant 10 minutes. Du grand théâtre. Puis, comme je ne réagissais pas, elle est venue me retrouver dans ma chambre pour me dire qu’elle n’arrivait pas à s’endormir…. parce qu’on était en chicane et qu’au fond, elle voulait que je l’aime. 3 minutes après l’avoir rebordée, elle ronflait.

5 ans. Elle a juste 5 ans. Comment je vais survivre à son adolescence moi?

Une petite gêne

Vous commencez un jour à bloguer, non pas dans l’anonymat, mais dans la confidentialité. À part Mammouth et quelques amis chers, personne n’est au courant. Votre « lectorat » de 10 personnes vous satisfait pleinement.

Un jour, vous remarquez qu’on laisse des commentaires sur vos billets. Flattée, vous allez lire pour rendre la politesse, ceux de vos lecteurs qui se commettent également. Et vous êtes soufflée: par leur écriture, par leur univers, par leur créativité. Vous vous dites que vous ne leur arrivez pas à la cheville, mais c’est pas grave, parce qu’ils se sont sans doute égarés en venant ici, et ils ne reviendront pas. Enfin, vous l’espérer, parce que sinon, vous seriez gênée de continuer à écrire.

Vous vous gardez quand même une petite gêne. Même si pour vous écrire est thérapeutique, vous gardez des grands pans de votre vie à l’abri de vos 10 lecteurs fidèles. Pour toutes sortes de raisons. D’abord parce que vous bloguez sous votre vrai nom, et que vous n’avez pas nécessairement envie que vos collègues de bureau ou vos voisins connaissent tout de votre vie privée. Et puis parce que votre vie n’est pas forcément toujours intéressante, ou vos commentaires pertinents. Enfin, parce que sur les sujets qui vous allument vraiment, vous savez que vous pourriez vous mettre dans le trouble. Mais vous aimez écrire, et puis, vous ne le faites que pour 10 personnes, alors pourquoi arrêter?

Un jour, on vous cite à la télé. Puis on vous cite dans quelques articles de la presse écrite. Ça vous gêne, et vous décidez d’être moins « percutante » dans vos propos. Vous ne touchez plus à certains sujets. Vous vous auto-censurez, un peu. Mais ça passe vite, et vous continuez à écrire, parce que vous aimez ça. Et puis, bon, ils sont peut-être 20 maintenant, pas plus, à vous lire.

Aujourd’hui, Mammouth me dit que quelqu’un que j’aime lire m’a lu et lui a fait la remarque que j’écris bien. J’en ai rougis. Mammouth n’a rien vu, il fait noir dans la voiture. Et puis, je suis persuadée qu’il voulait faire plaisir à Mammouth en lui disant que sa blonde écrit bien. Je sais que j’ai un certain talent pour aligner les mots, mais je n’ai pas la plume de certains, ni l’esprit de d’autres. Un prof du secondaire m’a même écrit sur un travail qu’il n’avait jamais rencontré d’étudiante capable d’aligner autant de jolis mots qui ne veulent rien dire, mais qui sonnent comme de la musique.

Mais le point n’est pas là. Tout à coup, avec ce commentaire, c’est comme si je réalisais que je ne blogue plus de manière confidentielle. Alors que faire? J’aime écrire, c’est vital. Le blogue remplace, en quelque sorte, le journal intime de mon adolescence, niaiseries en moins. Le blogue est thérapeutique, et il m’a permis de tisser des liens virtuels et réels depuis presque 2 ans, en me mettant en contact avec des gens que je n’aurais probablement jamais connus autremement. Il m’a permis de retrouver bibcocotte, et c’est précieux. Il garde une trace pour merveilleuse merveille de sa vie, de notre vie. M’en gardera-t-elle rancune dans quelques années?

Au fond, je l’ai toujours su que vous étiez plus que 20. Peut-être 30, maintenant? Je ne perdrai jamais de vue qu’internet, malgré toutes ses extraordinaires possibilités, peut aussi être un joujou dangeureux. Je m’auto-censurerai peut-être un peu plus, je ferai peut-être encore plus attention au choix de mes sujets.

Alors, bloguer ou ne pas bloguer, telle est la question dirait maintenant Shakespeare…