Le vide

Oui, j’ai profité de ma semaine sans merveille pour récupérer un peu de sommeil – ne serait-ce que de ne pas courir pour les lunchs le soir et le matin, ça a l’air de rien mais c’est 30 minutes de gagner. Oui, Mammouth me trouve affreusement plate: au lit à 19h30, et pour dormir! Non, nous ne sommes pas allés au cinoche, mais nous avons bouffé au resto en masse!

Oui, mes dossiers avancent, plus vite même que prévus. Non, je ne peux pas vous en dire plus sur ma « nouvelle ». Non Stéphane, ce n’est pas un teaser pour augmenter mon lectorat: juste une crainte viscérale d’attirer un mauvais sort sur moi si j’en parle publiquement…;-)

C’est déjà vendredi. J’en peux plus. Je m’ennuies de ma merveilleuse merveille, même si je lui parle 20 fois par jour. C’est viscéral, c’est un creux dans l’estomac, c’est une boule dans la gorge. J’ai hâte de mettre mon nez dans son cou, de donner des bisous sur sa joue si douce, de l’entendre me dire mille fois par jour « Maman, je t’aime ». Bon, pas mille fois. Mais même juste une fois par jour, c’est ce qui permet d’endurer tout le reste.

Je m’ennuies.

M’a te l’dire comme j’le pense, Ron…

Il fut un temps, dans ma vie, ou les jours de « Budget » étaient des jours fort occupés. Y avait-il quelque chose pour s’exciter, pour chialer? Fumeuse, je prenais chaque augmentation de taxes sur les produits du tabac comme une insulte personnelle, comme une attaque à mes droits fondamentaux. Même chose quand on augmentait les taxes sur l’essence. On voulait brimer ma liberté de voyager! À 20 ans, on s’en sacre un peu de son REER…

Avec le temps, et avec le changement de carrière, les budgets m’excitent pas mal moins. Surtout quand on sait que pour celui d’aujourd’hui, les chances que le gouvernement dépose un budget forçant la main à l’opposition pour déclencher des élections étaient plus que minces, et les chances que l’opposition décide de renverser le gouvernement encore plus. Mais comme je ne parle jamais de politique, ou si peu, je ne commenterai pas sur le budget.

Ce soir, Mammouth m’a ramassée au bureau et nous sommes revenus ensemble à la maison. Plutôt que d’écouter les commentaires post-budgétaires, Mammouth a décidé de m’imposer un genre de « amateurs de sports, bonsoir! ». Et c’est là que j’ai compris tout le génie du gouvernement: déposer son budget la journée ou la Ste-Flanelle envoie Christobal Huet à Washington, en échange d’un choix de seconde ronde au repêchage de 2009, sans être capable de signer Hossa, ça relève presque de Machiavel!

« M’a te l’dire comme je l’pense, Ron! La grosse perte avec Hossa, c’est pas le joueur, c’est l’individuel*. Un gars gentlemen dans la rue encore plus que dans le vestiaire… » « Pis c’est rien, ça, Ron. Gainey, y’é mieux de pas scorer dans son but avec le repêchage la prochaine fois, parce que le club va faire ben pitié. Ça sentait p’tête la coupe, Ron, mais là, ça sent le golf au mois de mai »…

Ben, m’a te l’dire comme je l’pense, Ron. Doit y avoir des députés ce soir qui doivent espérer avoir un choix de deuxième ronde aussi en 2009…

* Juré: je le cite au texte! Vous demanderez à Mammouth. Et parlant de Mammouth, je peux pas vous dire pourquoi, mais moi aussi je suis super fière de mon chum! Il vous en dira plus lui-même un jour, mais disons que 2008 est une bien meilleure année que 2007!

Vieille mémée! Vieille mémée!

Quand c’est votre charmante progéniture que vous le dit en riant de son petit rire crystallin, ça fesse. Si si. En route pour Québec, merveille m’a demandé quel âge j’aurai quand elle aura 10 ans. Je lui ai dit que comme j’avais 40 ans à sa naissance, j’en aurai donc 50. N’importe quelle occasion pour faire des mathématiques, hein! Hurlant de rire, elle s’est mise à me traiter de « vieille mémée »…

C’est fou ce que le temps passe vite. Hier soir, j’ai revu avec beaucoup de plaisir le show de « Fugain et le big bazar » à Artv. Ça m’a rappelé que c’est le premier vrai show que j’ai vu dans une vraie salle de spectacle, la salle François-Brassard de Jonquière. En 1975. J’avais 13 ans. J’en aurai 46 dans quelques semaines. Et pourtant, il me semble que j’ai vu ce show il n’y a pas si longtemps. Je me souvenais de chaque parole de chaque chanson, de chaque chorégraphie. C’est là que je suis tombée amoureuse avec le genre, sans parler de mon amour pour Fugain qui ne s’est jamais démenti. L’an dernier, au spectacle de la gardo, merveille et ses copines chantaient « Attention mesdames et messieurs »…33 ans plus tard. 33. C’est beaucoup d’années ça. Et en même temps, c’est un battement de cil. Je comprends que pour ma fille, avoir 50 ans, c’est être une vieille mémée. Mais dans ma tête, je suis encore cette adolescente qui attendait fébrilement le levé du rideau pour voir son idole. Dans ma tête, j’ai encore 20 ans. Parfois 25. Mais pas 46.

Ce n’est pas un refus de vieillir. Ou si ce l’est, c’est profondément inconscient. Bien sûr, mon corps me rappelle chaque matin que mes articulations sont moins souples, que le manque de sommeil est plus difficile à rattraper, que ces cheveux blancs, ici et là, ne sont pas dûs uniquement aux angoisses existantielles. Mais dans ma tête, me semble que je ne suis pas si vieille que ça. Pourtant, quand j’avais 15 ans, les quinquagénaires étaient des vieilles mémées. Et elles l’étaient probablement plus que ma gang qui passera le cap du big « 50 » d’ici les 5 prochaines années. Susan Sarandon aura beaucoup fait pour la cause des vieilles mémées!

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De mon aller-retour à Québec, je retiens que j’avais oublié à quel point les entrées et sorties d’autoroute sont mal foutues dans cette ville. Une chance que la musique de Voulzy, que merveille aime autant que moi, jouait assez fort pour rendre mes sacres inaudibles…

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http://www.chroniquesdupatio.ca/2007/03/19/le-grand-vide/

Je pourrais réécrire presque mot à mot ce billet. Sauf que cette fois, c’est moi qui part avec elle, en voiture, pour la laisser à son parrain qui l’amènera chez grand-maman. Elle est pas partie que je m’ennuie déjà.

En même temps, j’ai hâte de retrouver un peu de temps avec Mammouth, et avec quelques amis que nous n’avons jamais le temps de voir, pris dans nos « obligations familiales ».

À suivre…

Salmigondi du samedi

Merveilleuse merveille n’a jamais été un bébé qui se réveillait en gazouillant. Les yeux à peine ouverts, elle hurlait, comme si elle avait peur de ne jamais nous retrouver ou d’être abandonnée.  De tous les rêves que l’on fait à propos de son enfant à naitre (elle sera le plus beau, ses couches n’empesteront jamais, elle sentira toujours bon, elle pleurera à peine, elle dormira comme un ange, elle se réveillera en babillant dans son joli lit blanc et rose, etc… voyez le genre de « nuage » dans lequel baigne la primipare!), c’est celui qui m’a le plus manqué. Je rêvais de demeurer bien au chaud, collée contre Mammouth, émue devant les gazouillis de notre progéniture. Nope. Pantoute. Merveille hurlait et était d’une efficacité redoutable par rapport au cadran.

Ce matin, elle est encore couchée. Et elle chante depuis 20 minutes. Une chanson qui parle vaguement des rivages de sa vie, des rivages aux milles visages, une chanson apprise au cours de musique. Et les mots qui lui manquent, elle les invente. Demandez-moi si j’en suis émue? Demandez-moi si je vais m’ennuyer?
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Mammouth est fier, et j’en suis émue. Et fière. Mais je peux pas encore vous dire pourquoi. Dans le genre de « ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué » et « don’t talk about it, you’ll jinx it! ». Et « it’s ain’t over until it’s over »…

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Un vague vague à l’âme

Est-ce la température? L’hiver qui n’en finit pas de finir? La fin des SPM? Le fait que dimanche, j’irai mener merveilleuse merveille pour la semaine chez sa grand-mère et que je sais que dès mardi, je compterai les minutes avant son retour? Un surplus de travail? Le fait que parfois, juste parfois, j’ai l’impression d’être une potiche qu’on sort au gré des fleurs qu’on reçoit?

Tout ça, probablement, à des degrés divers. Ou d’hiver.

 

Ah ouin?

« Vous débordez de vitalité. Tout vous réussi. Une offre alléchante vous sera faite: ne refusez pas! Votre pouvoir de séduction est incroyable, socialement c’est pétillant pour vous ».

Ce que j’aime de l’horoscope de mon journal gratuit dans le métro, c’est qu’il est toujours tellement dans le mille. Prenez l’exemple d’aujourd’hui: me suis couchée trop tard, j’ai baillé toute la journée. Me suis fait dire que mon document valait pas de la shnout. On m’a fait une offre débile que j’ai refusée. Et si mon pouvoir de séduction est incroyable et que je pétille en société, le seul avantage que j’en ai tiré, c’est que la chauffeuse d’autobus a dévié de son trajet, puisque j’étais la seule passagère, pour m’éviter de marcher 10 minutes. Méchant pétillage!

Demain, éclipse de lune. J’vais peut-être pétiller plus, qui sait? Sur ce, bonne nuit!

Mildred Pierce et autres films

Je suis une fan finie des vieux films en noir et blanc des années 40 et 50. Et des actrices d’Hollywood de cette période qui représentent pour moi le summum du glamour. Joan Crawford, Bette Davis, Ingrid Bergman, Anne Bancroft, Rita Hayworth. Et ces acteurs désinvoltes, coolissimes qu’étaient Humphrey Bogart, Spencer Tracy, Cary Grant et James Stewart.

À une certaine époque, alors que Radio-Canada présentait son Ciné-Club le dimanche soir, je me régalais à la CBC de ces vieux films. Casablanca, All about Eve, Mildred Pierce, What ever happened to baby Jane, Imitation of life… J’ai vu ces films des dizaines de fois, sans jamais me lasser.

Je suis aussi une fan finie des vieux films en couleurs. Donnez-moi un après-midi de congé impromptu et quelques films de Jerry Lewis, ou Breakfast at Tiffany’s, et me voilà culturellement nourrie pour longtemps.

Époque bénie: la cigarette n’était pas l’ennemie public numéro un, les courbes féminines étaient valorisées (aujourd’hui, Marilyn Monroe frôlerait l’obésité!), les méchants vraiment méchants et les crimes rarement impunis.

Nostalgique? Peut-être. Oui, il se fait encore du bon cinéma. Que je n’ai plus le temps de voir depuis la naissance de merveille (je suis par contre incollable sur les films pour enfants!). Mais jamais Brad Pitt et Angelina Jolie ne me procureront les mêmes frissons que Betty Davis dans Now, Voyager, ou que Humphrey et Ingrid dans Casablanca.

Here’s looking at you, kid…

Les journées pélagogiques*

Aujourd’hui, fête au village: merveilleuse merveille est en pélago*, et en sortie avec le service de garde. En gang (et probablement beaucoup de gangs de beaucoup d’écoles, dieu bénisse les éducatrices!), ils allaient faire une expédition aux glissades des Pays d’en haut.

Je sais, je suis tannante avec les mots d’enfants de merveille. Mais si je ne les note pas ici, je vais finir par les oublier. Et pour elle, me semble que c’est un joli souvenir. Dans le genre que je m’empresserai de sortir à chaque fois qu’un nouveau gendre se pointera. C’est quand même moins pire que l’album photos embarrassantes, non?

« Ça, futur ex-gendre, c’est celle que tu convoites, la tête pleine de mousse de sécheuse » « Oh! regarde celle-ci, futur ex-gendre: Merveilleuse merveille la tronche pleine de purée de carottes! » « Et celle-ci, encore… ah! cette fois-là on a tellement ri »… « Déjà, futur ex-gendre? Tu dois vraiment y aller maintenant? Et dire qu’il reste encore 28 albums à regarder… Oui oui, à bientôt…. Voyons, merveille, cesse de pleurer, tu vois bien que ce n’est pas un garçon pour toi, il ne s’intéresse pas à tes 200 albums de photos… »  Bref, je ne prends pas de chance, en plus des 200 albums de photos, je collectionne aussi les mots d’enfant, juste au cas.

Je disais donc que merveilleuse a passé la journée à glisser et était toute fière, ce soir, de me montrer son ticket de remonte-pente. Elle m’a raconté les péripéties de la chenillette qui n’allait pas assez vite, du tube qui est comme un gros pneu « mais pas dur ». Tout ça pour me dire qu’elle avait passé une fantastique journée au « Mont Tremplin »…. Je ne pourrai jamais plus voir les annonces de Tremblant sans pouffer de rire…

*je sais, on dit pédagogiques, sauf quand on s’appelle Merveilleuse merveille*